Filbleu 2019: épreuves avantageusement surmontées au Lycée de Kpodzi

Filbleu 2019: épreuves avantageusement surmontées au Lycée de Kpodzi

Filbleu 2019: épreuves avantageusement surmontées au Lycée de Kpodzi

L’équipe du festival qui a fait le déplacement du lycée de Kpodzi à Kpalimé (120 km à l’ouest de Lomé) le mardi 19 mars 2019 était composée de Werewere Liking (Côte d’Ivoire), Eric Joël Bekalé (Gabon), Gina de Fanti (Togo), Espoir Agbémélé (Togo), Sébastien Vondoly (directeur des éditions Continents et de son équipe) et de Cyriaque Noussouglo, directeur du festival et des collaborateurs des deux structures et des Editions Awoudy.

Alors qu’on croyait que toutes les dispositions avaient été prises pour nous réserver un accueil digne de celui qu’on avait reçu au Lycée de Tové Rails le même matin, l’équipe a débarqué dans une cour grouillante d’élèves réunis en rectangle et suffisamment avancés dans des activités culturelles de danses folkloriques. D’un côté des batteurs en sueur, de l’autre des élèves entrainés dans différentes danses du terroir qui prestaient entourés d’une foule de spectateurs compacte, bruyante et amusée.

C’est dans cette ambiante électrique que nous avions été introduits au proviseur du lycée médusé. L’inspection d’enseignement du secondaire n’aurait donné aucune précision sur la date de notre activité. Il trancha stoïquement : « Etant donné que vous êtes déjà là, nous allons interrompre le cours normal de notre programme et vous laisser affronter les élèves qui n’aiment pas particulièrement ce pour quoi vous êtes venus ce matin : écouter des interventions sur la littérature ! »

Aussitôt dit, aussitôt fait.

Une fois présentés aux élèves, Cyriaque Noussouglo, directeur du festival prit le micro pour planter le décor, en présentant l’objet et le cadre de notre visite. La parole fut donnée à Eric Joël Békalé du Gabon. Celui-ci a rapidement abordé le thème : comment devenir écrivain ? Tout simplement, en pratiquant les auteurs et en s’essayant élèves à l’art de l’écriture. Werewere Liking de la Côte d’Ivoire a préféré demander aux élèves de lui poser deux questions : « pourquoi avez-vous quitté votre pays pour venir jusqu’à nous ? » fut l’interrogation d’une jeune élève. Un autre alla dans le sens de ce qui a poussé l’écrivain-artiste à embrasser le métier qu’elle exerce. La doyenne Werewere a expliqué qu’elle a répondu à l’invitation de l’écrivain Kangni Alem et des organisateurs de Filbleu qui s’emploient dans le cadre de ce festival à être proches des préoccupations de la jeunesse. Puis, elle a abordé un court récit de ce qui l’a amené à l’écriture, le chant, la tradition orale apprise de ses grands-parents qui l’ont élevée. L’auteur togolais Espoir Agbémélé a préféré improviser un jeu très apprécié d’élimination des candidats, jeu qui l’a conduit à récompenser le gagnant par un exemplaire de son écrit. Puis, il a tenté brièvement d’aborder le sujet du jour : « Littérature et histoire de vie », ce qui l’a amené à révéler que les histoires de vie dans la littérature sont les biographies ou les autobiographies et comment cela amène les auteurs à à épancher leurs cœurs de sorte que le lecteur se retrouve dans la trame des histoires humaines mais universelles. Après lui, Gina de Fanti a préféré inviter les élèves qui ont lu au moins une œuvre au cours de leur scolarité à en donner le titre, l’auteur et le résumé. C’est ainsi que des candidats ont déclaré avoir lu et résumé à leurs manières : « L’enfant noir » de Camara Laye, « Une vie de boy » de Ferdinand Oyono, « Le mandat » de Sembène Ousmane, « Le monde s’effondre » de Chinua Achebe, « La symphonie pastorale » d’André Gide ou encore « Candide » de Voltaire. Un seul s’était désisté n’ayant certainement jamais lu entièrement une œuvre littéraire dans sa vie. Sacré jeunesse actuelle, plus portée vers les Androïd plutôt que vers la lecture ! Plusieurs lauréats ont été récompensés par l’ouvrage de Gina. Enfin Sébastien Vondoly, directeur des Editions Continents, qui a fait installer une bibliothèque dans ledit lycée par le « Cénacle », son association de promotion de la poésie, a convié les élèves à lire pour relever le défi de la baisse de niveau et du développement de notre.

Une séance de danse populaire « Akpèssè » ou « Bobobo » à laquelle ont participé des auteurs, a mis fin à cette éprouvante matinée.

Le proviseur, surpris par la qualité des interventions, a pratiquement présenté ses excuses à l’équipe en promettant une meilleure collaboration avec le festival Filbleu à l’avenir. Malheureusement, il n’a pas pu disposer d’un catalogue de Filbleu vu qu’il n’y en avait plus à distribuer à cette escale. L’équipe s’est redirigée vers le lycée Tové Rails où les auteurs hôtes et le directeur ont de nouveau pris la parole. La matinée s’est terminée à Tové Rails dans une ambiance musicale d’échanges de chants de Bella Bellow, de King Mensah ou d’improvisations très appréciées de Werewere Liking.

Tout est bien qui finit bien !

Sur la route de retour vers Lomé, l’équipe a fait halte au Clac d’Agou, situé à près d’une quinzaine de kilomètres de Tové.

 

 

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