Kako Nubukpo à la rencontre des étudiants de l’ESGIS

Kako Nubukpo à la rencontre des étudiants de l’ESGIS

Kako Nubukpo à la rencontre des étudiants de l’ESGIS

L’Ecole supérieure de gestion, d’informatique et des sciences (ESGIS) de Lomé Avédji a ouvert ses portes ce vendredi 13 mars 2020 à la toute première activité inscrite au programme de la 13e édition du festival international FILBLEU. Il s’agit de la rencontre-débat du Pr. Kako Nubukpo, doyen de la Faculté des sciences économiques et de gestion (FASEG) de l’Université de Lomé, avec les étudiants de ladite école et un public de curieux venus d’horizons divers, autour de son ouvrage L’urgence africaine : changeons le modèle de développement.

Démarrée à 11 heures 40 minutes par le mot de bienvenue du responsable de l’école M. Dagbovie, la rencontre s’est déroulée sous la modération de Guy Missodey, Enseignant chercheur, après une brève présentation du festival FILBLEU par son directeur artistique Kangni Alem.

Titre interpellateur selon les mots du modérateur, l’urgence africaine pour l’auteur est du point de vue intellectuel cet appel à l’endroit des africains pour une reprise en main de leur destinée, un besoin d’endogénéisation de leurs problèmes et à l’auto perception selon des prismes propres et non selon la perception des autres. Il fait une analogie du discours africain autour du coronavirus qu’il traite d’inique en fonction des réalités africaines ,en ce sens que le paludisme qui fait plus de victimes africains que le Covid-19 ne réussit pas à mériter une telle attention dans les discours sur place, et pour cause « les maîtres du monde » n’en parlent pas.

Le cœur de la question du développement selon ses propos est loin d’être une simple question économique : « La question du développement est avant tout une question d’état d’esprit ». L’économie n’est que l’agencement de facteurs de production. Cependant, le développement s’appuie sur des réflexions beaucoup plus universelles qu’économique. Notre savoir est extraverti autant que notre système d’éducation et ne s’accorde guère avec nos réalités.

A travers une explication des différentes politiques de développement imposées à l’Afrique tel que les plans quinquennaux, les stratégies de croissance et de réduction de pauvreté en passant par les politiques d’ajustement structurelles, l’auteur conclue qu’après 60 ans d’indépendance, l’Afrique revient aux années 60 avec des plans quinquennaux. Cependant, il se félicite de la possibilité donnée aux africains de proposer leurs propres modèles de développement.

Sur la question du franc CFA, les explications de l’auteur ont porté sur la déconnexion entre le rôle de cette monnaie beaucoup plus favorable à la classe des élites et les réalités africaines. Une monnaie trop forte, aggravée par le risque élevé pour les banques à accorder des prêts, dû à l’asymétrie d’information et l’informalité accrue dans la sphère économique, induisant un coût de création de richesse, c’est-à-dire un taux d’intérêt plus élevé que le rythme de création de richesse (le revenu de la production ou le PIB). Ce qui explique l’incapacité de payer le coût du développement. La réticence de la banque centrale à mener une politique favorable aux prêts qui selon la structure de nos économies qui produisent peu, serviraient à payer les importations.

Une série de questions de la part du public émerveillé par la qualité de la réflexion de l’auteur a permis d’éclaircir les point d’ombre et d’aborder d’autres points. Entre autres, il at été abordé les questions du discours de rupture sur le F CFA du 21 décembre à Abidjan entre les Présidents Ouatara et Macron, pour lequel l’auteur exprime une satisfaction, les perspective d’une intégration parfaite de la zones ECO (CEDEAO) avec toutes les difficultés que cela présente.

La rencontre fut levée à 13 heures 50 après un mot de fin du directeur artistique qui invita l’assistance pour la suite du programme du festival.

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